Expérience au pays du bouddhisme (2/2)
Mon expérience au pays du bouddhisme ne s'est pas résumé à dormir dans un temple. J'ai vécu à l'heure des moines. Outre le fait d'occuper une chambre avec tatami et futon (chose qui se trouve facilement dans le choix des hôtels japonais), au temple hôtel Zenkoji de Takayama vous êtes invité à suivre l'enseignement de Bouddha. Je vous ai déjà raconté ma présentation à Amina, mais on vous propose bien d'autres activités pour découvrir le bouddhisme. Déjà dans la chambre, se trouve toute une documentation sur la philosophie du Bouddha et les informations de base pour combler nos lacunes d'Occidentaux élevés plus ou moins dans un contexte judéo-chrétien.
Pour ma part, j'avais choisi de découvrir la cérémonie bouddhique, à sept heures du matin, pour mon dernier jour. Je souhaitais compléter mon apprentissage avec une séance de méditation, mais ce jour-là, un groupe étant présent pour une séance de yoga, la méditation n'avait pas lieu. Quant à prendre l'option yoga, comment dire ? Je pense qu'avec la souplesse que j'ai acquis ces dernières années, le yoga n'est pas fait pour moi. J'ai déjà des difficultés à m'asseoir sur mes talons, alors pour le reste...
La veille au soir, j'ai pris toutes les précautions utiles en réglant mon réveil à 6.45 heures, parce que même si j'ai tendance à le réveiller de tôt, il faut mieux être prudent. Grand bien m'en fit, j'avais eu un mal fou à m'endormir, ayant eu le cruel dilemme de choisir entre le très chaud et ce qui allait devenir au fil des heures de la nuit, le très froid. Autant la nuit précédente j'avais pu régler le climatiseur pour avoir une chaleur douce, autant après avoir appuyé sur toutes les touches de la télécommande du dit climatiseur, je n'arrivais à obtenir que... rien ! Je tentais le poêle électrique mais la chaleur était telle que je me serais vite trouvée dans le feu de l'enfer si je l'avais laissé tourner toute la nuit. J'avais fini pour m'endormir tard, recroquevillée sur moi-même. Le Bouddhisme, ça se mérite.
Ce fut le bruit feutré des pas du moine dans le hall jouxtant ma chambre qui m'a réveillé, juste avant 6.45 heures. J'hésitais fortement entre rester coincée entre la couette et le futon, au chaud, et me lever alors que je sentais que l'air ambiant n'allait pas être aussi agréable. Je me convainquis en me tançant que cette expérience j'allais la faire une fois dans ma vie. Levée, habillée, les pieds chaudement emmitouflés dans des chaussettes doublées de "moumoutes", veste chaude sur le dos, je pris courageusement la direction du hall de cérémonie (à 5 pas de ma chambre).
Nous étions six fous à braver le froid des couloirs pour assister à la cérémonie. Le moine, visage éclairé par un sourire bienveillant, nous invita à prendre place. Forte de mon expérience lors de mon arrivée, je m'asseyais sur un banc, fini pour moi la torture de l'assise sur les talons. Je passerai le discours et les bases sur le Bouddhisme, chacun voit midi à sa porte. Ce qui est certain c'est ce fut un moment de paix. Les psalmodies que nous avons été invités à répéter nous ont offert un moment suspendu dans le temps. Un attachement au présent, un oubli du passé et du futur. N'est-ce pas ça la base de l'enseignement de Bouddhisme ?
Et en plus, il y avait du chauffage...